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lundi 12 septembre 2011

Le Lion, l'Ours et le Renard - Esope


Un lion et un ours, ayant trouvé un faon de biche,se battaient à qui l’aurait. Ils se portèrent l’un à l’autre des coups terribles, tant qu’enfin, pris de vertige, ils s’abattirent à demi morts. Un renard, qui passait, les voyant énervés, et le faon gisant au milieu, l’enleva et s’en alla en passant entre eux deux. Et eux, hors d’état de se relever, murmurèrent : « Malheureux que nous sommes ! c’est pour le renard que nous avons pris tant de peine. »

La fable montre qu’on a raison de se dépiter, quand on voit les premiers venus emporter le fruit de ses propres travaux.

vendredi 9 septembre 2011

L'Aigle et la Tortue


"Un jour, la tortue dit aux oiseaux rapides que, si l'un d'eux voulait
aller la déposer sur les bords sablonneux de la mer Rouge, aussitôt
elle en tirerait des coquillages et qu'une perle d'une enveloppe
brillante serait la récompense de ce service. Elle s'indignait en
pensant que, malgré son activité, la lenteur de sa marche
l'empêchait de rien faire et d'obtenir aucun résultat après tout
un jour d'efforts. Mais après avoir comblé l'aigle de promesses
trompeuses, elle trouva chez l'oiseau une perfidie égale à celle
de ses discours. Tandis que, avec l'aide mal acquise des ailes
de l'aigle, elle cherchait à s'élever jusqu'aux astres, elle périt
misérablement sous la serre cruelle de l'oiseau. Alors, au haut
des airs, sur le point d'expirer, elle fit entendre dans le ciel
des gémissements en déplorant le succès de ses voeux.
Son exemple enseigne à qui s'ennuie d'une vie tranquille
qu'on n'échappe pas aux pires des maux, quand on recherche
les grandeurs. C'est ainsi que tous ceux qui, au souffle d'une
gloire naissante, se gonflent d'orgueil, sont justement châtiés
de leur ambition toujours croissante."

vendredi 28 janvier 2011

Le lion et le rat

Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.


Jean de La Fontaine

vendredi 7 janvier 2011

lundi 14 juin 2010

vendredi 30 avril 2010

dimanche 21 mars 2010

La Laitière et le Pot au lait

Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent,
Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile,
D'élever des poulets autour de ma maison :
Le Renard sera bien habile,
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari
En grand danger d'être battue.
Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.
Jean De La Fontaine